Rencontre avec Quentin Marcon

Le poisson par passion

Quentin Marcon a 25 ans. Il est Léonais, rugbyman et très attaché à son territoire.

Il a découvert la pêche avec son père sur la Palue, toute proche de sa maison, et ce dès son plus jeune âge.
Depuis, la passion du poisson ne l’a jamais quitté, à tel point que c’est devenu aujourd’hui son métier.

Portrait d’un jeune pêcheur qui a su marier une préservation sans concession de la ressource, et le plaisir véritable de la pêche.

Comment as-tu découvert la pêche ?

Nous sommes dans un territoire où la pêche fait partie des traditions. C’est mon père qui, tout petit, m’a emmené à la pêche, sur la rivière toute proche, la Palue, mais aussi sur le lac de Léon ou le courant d’Huchet.
Et puis, en grandissant, j’avais un peu laissé tomber jusqu’à ce que mon frère me propose d’y aller avec lui. J’y suis ensuite retourné tout seul… et c’était parti.
Je n’ai plus cessé de pêcher depuis et c’est devenu une véritable passion.

 

Une pêche essentiellement en rivière ?

Rivière, lac, les petits affluents ou quelques points d’eau privés sur lesquels les propriétaires me laissent pêcher… un peu en suivant l’inspiration du moment, même si la Palue reste la rivière que je connais le mieux et où je retourne régulièrement.
Et puis le surfcasting bien-sûr ! Une pêche un peu différente, en bord d’océan, que j’ai découverte un peu plus récemment et que je pratique avec mon ami Linxois Nicolas Robert.

C’est une pêche qui se pratique à un moment particulier ?

Il n’y a pas vraiment de règle, ça dépend de chacun et surtout de l’océan… il faut regarder la houle, la météo, les marées et leur coefficient et savoir choisir son poste en respectant tous les utilisateurs de la plage ; baigneurs, promeneurs, surfeurs…
C’est une pêche que je pratique essentiellement l’été et entre amis. On y va au coucher du soleil et on reste une partie de la nuit.
Souvent on lance les lignes, on plante les cannes et on se fait un petit rugby sur le sable en surveillant les touches de temps en temps… c’est une pêche conviviale pour moi, un moment agréable avec les amis.

 

Et tu attrapes quoi ?

Beaucoup des vives quand j’ai débuté en surfcasting, mais aussi ce que l’on appelle ici la louvine, un petit bar, le marbré, des dorades, des sars et, des soles plus rarement. On se partage les prises en étant toujours très très vigilant sur les tailles de capture, c’est un peu mon métier, mais surtout une conscience de la préservation de la ressource partagée je crois par tous les pêcheurs…
Si la mesure n’est pas bonne, le poisson repart à l’océan !
D’ailleurs en rivière et lac, je pratique beaucoup le « no-kill », je relâche presque systématiquement. Je garde un poisson de temps en temps pour faire plaisir à la famille, mais je sais ce que je pêche et ce que je peux pêcher sans conséquence sur l’espèce.

Cette vigilance, c’est aussi lié à ton métier ?

À mon métier et à mes convictions.
Je suis effectivement chargé d’études au sein de Logrami, une association qui œuvre pour la gestion et la restauration des populations de poissons migrateurs sur la Loire.
Je les compte, je les surveille, j’observe les populations, directement au bord de l’eau, sous l’eau grâce aux fenêtres de comptage sur les passes à poisson ou même au-dessus de l’eau, en hélicoptère, pour repérer les frayères, le lieux de reproduction.

C’est mon métier donc, mais c’est plus que cela, c’est une passion. J’ai fait des études de biologie, un master sur la dynamique des écosystèmes aquatique et si j’ai choisi des études de biologie sans certitudes, j’ai rapidement su que je voulais travailler avec les poissons, pour les poissons.

 

Pêcheur, chercheur, protecteur ce n’est pas un peu incompatible ?

Non, bien au contraire !

Tout cela est complémentaire, ma passion pour la pêche nourrit ma connaissance et cette connaissance me permet de savoir comment pêcher en préservant la ressource, en respectant les espèces et leurs cycles de vie, de remettre le poisson à l’eau ou de ne prélever que les poissons élevés en pisciculture, comme la truite ici par exemple.

Et ça me permet de participer à la préservation des espèces les plus fragiles et de pouvoir légitimement expliquer pourquoi il faut le faire.

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